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Jacques PRENTOUT

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Un marseillais perdu dans le grand nord

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April 30

Éloge du jackysme

             Monde encore trop peu connu du commun des mortels, le jackysme est pourtant un mouvement de société qui nous touche tous : qui n’a pas un jour vomi derrière un arbre après avoir vu passer un spécimen particulièrement formaté de ce mouvement : j’ai nommé Le Jacky.

Le jacky, qui est-ce ? Bien qu’il soit difficile de tenter une approche d’un jacky, se dernier n’ayant que peu de relations sociales hors du milieu jackyste, nous allons tenter d’en faire un portrait le plus fidèle possible :

            Le jacky est préférentiellement de sexe masculin, bien qu’il ait été signalé quelques cas féminins. Le jacky a une haute estime de lui-même qui lui vient d’une méconnaissance complète de la psychologie humaine la plus évidente. Pour lui l’apparence est seul critère en usage dans la société, c’est pourquoi il va mettre toute son énergie, sa fortune, sa vie dans cette quête. Le regard des autres sera son échelon pour mesurer son succès. Le jacky se croit somebod, bien qu’il ne soit qu’un pauvre nobod hors de son milieu naturel qu’il ne quitte que rarement à cause des railleries des non-jacky qu'il perçoit comme des jaloux. C’est donc sur l’apparence que le jacky se dévoile : la voiture est son objet de prédilection pour révéler tout ses refoulés freudiens, choisissant un modèle d’une banalité crue, prenons l’exemple d’une Renault Clio, année 1995. Le jacky va donc pouvoir inscrire sur cette Clio, qui n’avait rien demandé, son ambition de reconnaissance démesurée en rajoutant des roues extra large qui dépasseront de la carrosserie, mais remarquons l’utilité en cas de rallye, même si le moteur 16 CV sera à la peine, un pot d’échappement plus large que les roues, afin d’obtenir un bruit similaire à une Lamborghini (sic), permettant de concentrer sur son passage un maximum de regards qu’il voudrait admiratifs, enfin des vitres teintées, permettant de maintenir le doute sur sa place dans la société (mafieux ou pas ?).Le résultat est donc une voiture jackysée qui est fièrement exhibée dans les rues, à la grande affliction du genre humain.Côté vestimentaire, le jacky suit la même règle qu’il s’est fixé que pour sa voiture. Il s’habille toujours avec des marques, car ne l’oublions pas le jacky est avant tout un clubber. On assiste ainsi à des ruées de jacky sur une marque en particulier, ce qui amène rapidement à son déclin ou sa ruine, étant irrémédiablement mis au banc par le reste de la population, par exemple Lacoste. Le jacky est très fier des ses habits, et mettra ainsi en avant ces accessoirs comme ses lunettes simili Dolce&Gabana ainsi que sa casquette Louis Vuitton. On reconnais le jacky du beau gosse par exemple justement sur l’habillement : autant le beau gosse disposera d’un ensemble de marque de goût mais discret, sa prestance suffisant à faire reconnaitre son habitus social, le jacky , pour faire sa place, va réunir un ensemble de marques mais sans ensemble harmonieux, en ne payant pas assez pour paraître in, car le jacky n’est pas riche, et tout en payant assez cher pour paraître riddickule. Le jacky peut se retrouver dans des rassemblements de jackys, on parlera alors de réunion jackyste : ainsi dans des boite de nuit jackyste, ou des rendez vous de turning jackyste où les jackys peuvent rivaliser de mauvais goût en toute liberté.

        Finalement il convient de dresser un dernier portrait d’un jacky d’un type particulier, le jacky du sud. On le retrouve le plus souvent sur un scooter, accompagné derrière lui d’un autre jacky, il portera des lunettes de soleil en tout temps derrière la tête, un tee shirt Armani, un maillot de bain hawaiien, ainsi que basquettes Tacchini, mais sans porter de chaussette, ensemble lui permettant d’aborder des filles dans les rues en mettant en avant sa montre presque-rolex, de préférence plaqué or. Enfin, une chaîne, toujours en or, une besace Nike et un téléphone portable constamment à l’oreille complète un tableau, ce qui permet toujours aux spectateur involontaire de cette débauche de couleurs désassorties de partir d’un fou-rire à valeur de catharsis . Le jacky peut ainsi extérioriser son fantasme de reconnaissance sociale en assumant pleinement son côté jackytouch. Un bémol toutefois à ce portrait, le jacky s’embourgeoise : il lit (le Da Vinci Code), met des sièges enfant dans sa Clio, ce qui l’oblige a baisser le son de ses enceintes 2000 Watts, enfin est menacé d’extinction du fait d’une reproduction sociale qui ne fonctionne plus.

      Le jackysme, phénomène de notre temps, allégorie de l’achèvement de la société de consommation couplée à la victoire de l’individualisme pour certain, rencontre du mauvais goût inhérent à la sous culture américaine et de personnalités narcissiques perturbées pour d’autre, le jackysme marquera le XXIème siècle en tant que première régression culturelle de la civilisation occidentale. Toutefois, l’embourgeoisement, l’échec de la reproduction sociale jackyste et le retrait progressif des Clio de la circulation nous laisse quand même un peu d’espoir, pour nous rescapés du jackysme…

March 22

Pour un gala au Palais du Pharo!!!!!!

 
 
Sciences Po Gala 2005
envoyé par plam